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Allocution de S.E.M. l’Ambassadeur Albert SHINGIRO, Représentant Permanent du Burundi auprès des Nations Unies lors du débat conjoint de l’Assemblée Générale sur le Rapport de la Commission de consolidation de la paix (A/70/714), [point 31] et le Rapport du Secrétaire général sur le Fonds pour la consolidation de la paix (A/70/715),[point 10], 27 avril 2016

Monsieur le Président,

Je voudrais d’entrée de jeu vous remercier pour avoir convoqué cet important débat conjoint sur le Rapport de la Commission de consolidation de la paix (A/70/714) et le Rapport du Secrétaire général sur le Fonds pour la consolidation de la paix (A/70/715).

Je remercie également mon collègue Olof Skoog, Représentant Permanent de la Suède et ancien président de la Commission de Consolidation de la paix pour son allocution très riche et édifiante. Je le félicite encore une fois pour le professionnalisme et la compétence exceptionnelle dont il a fait montre durant son mandat à la tête de la Commission.

Même si j’ai eu l’opportunité de le faire à d’autres occasions, je m’en voudraisde ne pas féliciter encore une fois le distingué Représentant du Kenya, l’AmbassadeurMacharia KAMAU pour ses nouvelles responsabilités et lui souhaiter en même temps un succès retentissant durant son mandat.

Nous saluons en outre le travail remarquable abattu par les co-facilitateurs, l’Ambassadeur de l’Angola et de l’Australie dans la conduite des négociations qui ont précédé l’adoption ce matin de la Résolution 70/L.43 sur l’examen du dispositif de la consolidation de la paix.

Monsieur le Président,

Sans vouloir entrer dans les moindres détails du rapport soumis à notre débat aujourd’hui, je voudrais dire un mot sur certains de ses passages saillants.

Premièrement, en ce qui concerne le principe de l’appropriation nationale, même si nous avons eu l’occasion de le dire, nous réitérons qu’il est nécessaire d’assurer l’appropriation nationale du processus de consolidation de la paix par les pays qui en bénéficient et de veiller à un engagement continu des pays qui sont bénéficiaires de l’appui de la CCP. Une consultation et une coopération étroites entre les partenaires internationaux et les gouvernements nationaux, ainsi que la coordination des efforts des partenaires internationaux, en particulier dans le domaine de la mobilisation des ressources, doivent être à tout prix assurées. Nous devons garder en mémoire que l’identification des domaines prioritaires relève de la compétence des autorités nationales et locales et que le rôle de la commission se limite à l’accompagnement.

Toujours à propos de l’appropriation nationale, ma délégation estime que l’appropriation à un seul niveau n’est pas suffisante. Il faut aller au-delà et l’étendre aux niveaux local, régional et continental. Ces trois niveaux d’appropriation sont essentiels à la mise en œuvre d’un processus de paix que l’on veut durable.
L’appropriation locale, nationale, régionale et continentale non seulement renforce la légitimité de la mise en œuvre des programmes, mais elle contribue également à assurer la viabilité de toute la capacité nationale une fois que l’opération de maintien de la paix a été fermée.

Deuxièmement, pour ce qui est des aspects régionaux de la consolidation de la paix, permettez-moi Monsieur le Président d’insister sur l’importance de la dimension régionale. Comme vous le savez, la Commission est particulièrement bien placée pour promouvoir une plus grande harmonie entre les dimensions sous régionales, régionales, continentales et internationales de la réponse post-conflit. L’expérience de la Commission au Burundi a confirmé qu’une plus grande cohérence régionale et sous régionale est un facteur clé dans le soutien des efforts liés à la consolidation de la paix.

Il est et il reste essentiel de continuer à intégrer les perspectives régionales et sous régionales dans le travail de la Commission. En effet, de nombreux pays peuvent préférer recevoir de l’aide et des conseils de pays pairs dans leur propre région, et les organisations régionales peuvent être mieux placées pour intervenir en temps opportun et aider à la prise de décision pour trouver des solutions à certaines questions sensibles. Nous nous réjouissons que pendant la période couverte par le présent rapport, la Commission a insisté davantage sur l’importance de renforcer la cohérence régionale, qui est indispensable pour aider les pays à maintenir la paix et éviter qu’ils ne replongent pas dans un conflit. Bien que par moment, nous ayons assistéà des écarts de points de vue entre notre région, l’Union Africaine et New York sur la situation politique au Burundi, nous saluons tout de même cette dynamique de prise en compte de la dimension régionale qui doit être renforcée et maintenue et surtout pérennisée.

Troisièmement, pour ce qui est de la Coopération entre la Commission, l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité, ma délégation croit que la coopération entre la Commission et les autres organes principaux de l’ONU reste essentielle et devrait se poursuivre et se renforcer davantage et se pérenniser. Les dialogues informels organisés conjointement par le Président du Conseil de sécurité et le Président de la Commission, les réunions d’évaluation périodique au niveau des experts, les exposés formels devant le Conseil, portant sur les pays inscrits à son programme de travail ou des questions thématiques ont été d’une très grande utilité.

Dans le souci de renforcer les relations entre la Commission et les Conseil de Sécurité, celui-ci devrait envisager dans l’avenir d’inviter les présidents des configurations dans les briefings du Conseil sur des questions concernant les pays sous l’agenda de la commission. Nous estimons que leurs contributions en plus des briefings du secrétariat seraient d’une très grande utilité dans les prises de positions des Etats membres. Il est hors de tout doute que des interactions informelles bilatérales avec le Conseil de sécurité aideront la CCP à maximiser et capitaliser son rôle de conseillère, de produire et partager des idées qui pourraient, pourquoi pas, être reflétées dans les résolutions du Conseil de Sécurité.

Quatrièmement, s’agissant de la prise en compte de l’impératif d’égalité des sexes dans les activités de collaboration avec les pays, ma délégation trouve que la participation de la femme dans la vie politique dans les périodes post-conflit, la dimension sexospécifique de la consolidation de la paix mérite une attention soutenue et un engagement indéfectible. Nous estimons que pour partir sur de bonnes bases, les femmes doivent être autorisées à participer aux négociations de paix ainsi que faire partie du processus de transition après un conflit.

Nous soutenons et saluons le débat lancé depuis l’année dernière sur l’élaboration d’une stratégie de prise en compte de l’impératif de parité dans ses activités de collaboration avec les pays inscrits au programme de la CCP. Cette stratégie permettra entre autres de renforcer et de concrétiser ses engagements en faveur de l’égalité des sexes, énoncés notamment dans sa Déclaration sur l’autonomisation économique des femmes aux fins de la consolidation de la paix adoptée en septembre 2013 (PBC/7/OC/3) et de garantir une meilleure intégration structurelle de la question de l’égalité des sexes à ses travaux.

Cinquièmement, en ce qui concerne la Lutte contre l’épidémie d’Ebola nous saluons le fait que la Commission s’est attachée à mener une campagne d’information à New York sur les effets que la crise d’Ebola pourrait avoir à long terme sur la paix, la stabilité, la cohésion sociale et le bien-être économique des pays affectés. L’action collective résolument engagée par les États Membres dès le tout début de l’épidémie a montré que la Commission savait exploiter ses atouts politiques. En un mot nous pouvons dire que l’implication de la Commission dans la lutte contre Ebola aux premières heures de son apparition fut un succès partagé et une bonne expérience qui nous permettra dans l’avenir d’aborder avec efficacité des cas similaires qui pourraient surgir dans n’importe quel coin du monde.

Sixièmement au chapitre de nouvelles questions transversales, ma délégation voudrait insister sur le rôle actif que les jeunes peuvent jouer et jouent dans leur pays. Très souvent, et c’est le cas au Burundi, ce sont les jeunes au chômage qui sont manipulés par les hommes politiques pour les utiliser dans le simple but d’atteindre leurs objectifs politiques. Laissés souvent à eux-mêmes, les jeunes sous-employés se livrent à la violence aveugle sous impulsons des acteurs internes et externes visant à déstabiliser les pays qui sortent à peine des conflits et encore fragiles.

Nous devons tout mettre en œuvre pour que les jeunes trouvent d’autres alternances à la violence. Ceci ne pourrait se réaliser qu’à travers un secteur privé renforcé pour générer des emplois qui réduiraient sensiblement le taux de chômage dans les pays concernés. Nous devons à cet effet encourager l’établissement de partenariats public-privé à travers lesquels le monde des affaires pourrait soutenir les efforts déployés pour permettre aux pays sortant des conflits d’opérer une reconstruction sociale et économique qui ne soit pas mise en danger par les tensions politiques que provoquent notamment l’exploitation de ressources naturelles, l’absence de création d’emplois et les disputes liées aux questions foncières ainsi que les tentatives de changement des régimes par des acteurs exogènes.

S’agissant du Fonds de Consolidation de la paix, il est fort regrettable de constater que pour deux années successives, le Fonds a été sous-financé. Ce déficit en matière de ressources affecte négativement les projets et programmes de la commission au profit des bénéficiaires. Ceci étant, la recommandation du rapport sur la nécessité d’un financement suffisant et prévisible mérite une attention particulière de la part des Etats membres.

Monsieur le Président, je m’en voudrais de terminer mon propos sans saluer le travail très louable du Bureau d’Appui à la Consolidation de la Paix sous le leadership éclairé de M. Oscar Fernandez à qui nous réitérons encore une fois notre entière coopération.

Je vous remercie de votre aimable attention !

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DECLARATION DE S.E VESTINE NAHIMANA AMBASSADEUR DU BURUNDI LORS DE LA 15ÈME SESSION DE L’ASSEMBLÉE DES ÉTATS PARTIES AU STATUT DE ROME

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