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DECLARATION DU MINISTRE MARTIN NIVYABANDI LORS DU DIALOGUE RENFORCE SUR LE BURUNDI AU 21ÈME CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME A GENÈVE

Monsieur le Président,

Distingués délégués

Mesdames, Messieurs

1. Permettez-moi, au nom du Gouvernement du Burundi que j’ai l’honneur de représenter ici et en mon nom propre, commencer par louer le travail auquel vous consacrez temps, efforts et moyens financiers, dans un esprit d’abnégation et de longanimité à savoir ces valeurs universelles, la protection et le respect des droits de l’homme. Au Burundi et ailleurs, de nombreuses voix s’élèvent jour après jour pour revendiquer encore plus de droits, plus de démocratie, plus de liberté, et plus d’égalité entre les êtres humains sans discrimination aucune. On n’en fera jamais assez et c’est notre devoir, en temps qu’êtres humains, d’œuvrer pour plus d’humanisme afin de léguer aux générations futures un monde plus correct, exempt d’injustice, de méchanceté et d’impunité.

2. C’est un réel plaisir et un grand honneur pour le Gouvernement dirigé par le Président Pierre Nkurunziza de participer avec rigueur et responsabilité à ce dialogue interactif par devant ce Noble Conseilet sommes, plus que jamais motivés à utiliser à bon escient cet espace et cette opportunité pour diagnostiquer, avec ce Noble Conseil,la situation des droits de l’homme dans notre pays, sans tabous.

3. Aucun pays au monde ne peut prétendre être parfait en matière de promotion et de protection des droits de l’homme et au Burundi, il y a certainement des victimes des violations des droits de l’homme.C’est donc notre devoiren temps qu’êtres humains et en notre qualité de Gouvernement issu de la volonté populaire, de sauvegarder les libertés publiques, de promouvoir tous les droits civils et politiques ainsi que les droits économiques, sociaux et culturels avec équitéen combattant sans complaisance toute atteinte à la dignité humaine.

4. J’ai l’immense plaisir d’annoncer à cette auguste assemblée que malgré le contexte complexede la période pré-électorale, électorale et post-électorale de 2015, marqué par des troubles dans certains quartiers de la capitale et qui ont affecté la vie de la Nation dans tous ses aspects, la situation s’est normalisée,que ce soit sur le plan social, économique, politique ou sécuritaire, même si des défis persistent. Les crépitements d’armes à feu qui perturbaient la quiétude deshabitants de certains quartiersappartiennent désormais au passé et la plupart de nos compatriotes qui avaient fui ces localités suite à la perturbation de l’ordre public par des insurgés armés retournent progressivement dans leurs ménages respectifs. C’est le résultat du désarmement de la population civile qui a permis la récupération, jusqu’au 31 janvier 2016, de 1.108 armes à feu de tous calibres, fusils d’assaut, armes d’équipe, pistolets et grenades, dynamites, fusées de mortier, bombes ainsi que 28.795 munitions.

Monsieur le Président,

Auguste assemblée,

5. A ce jour, la lumière est de plus en plus faite sur ce qui a failli encore une fois assombrir le cours de notre histoire en 2015. En effet, des témoignages poignants de jeunes hommes qui se rendent aux forces de l’ordre ou qui sont arrêtés, avec leurs armes, nous indiquent l’origine des cadavres mutilés qu’on voyait joncher les rues de la capitale, chaque matin, et qui ont fait objet de fréquents cris d’alarme du Conseil de Sécurité des Nations Unies, de la Commission Paix et Sécurité de l’Union Africaine, du Conseil des droits de l’homme, de plusieurs organisations non gouvernementales et autres âmes sensibles à la vie et à la dignité humaine. Des fosses communes dans lesquels ces criminels enterraient leurs victimes sont découvertes, contrairement à ce qui avait été annoncé tambours battants comme quoi les forces de sécurité et l’administration auraient enterré des civils dans des fosses communes..

6. Je m’en voudrais de ne pas fustiger le fait qu’il y ait eu une volonté manifeste et affichée de manipuler l’opinion publique sur des questions de très haute sensibilité, comme l’imminence d’un génocide contre les Tutsi du Burundi, ce qui constitue en soit une violation flagrante et honteuse des droits de l’homme car le peuple burundais a été fortement blessé dans son amour propre. Moi qui vous parle je suis Tutsi et suis fier d’être dans un pays où la cohésion sociale est une réalité. La délégation qui m’accompagne est assez représentative de la configuration sociologique du Burundi. Les burundais sont confrontés à d’autres défis et ont démontré, en 2015, qu’ils ont décidé de tourner la page en renforçant la culture démocratique, la consolidation de la paix et l’unité nationale. Plus jamais des actes de Génocide ne viendront endeuiller, encore une fois, la Nation burundaise.

7. Une épine reste néanmoins dans notre pied. La question des réfugiés, un sujet de très grande préoccupation pour le Gouvernement du Burundi. Nous voudrions rappeler ici que contrairement aux dires de certains faiseurs d’opinion, le départ de nos compatriotes vers l’exil a débuté en 2014, suite à la propagation de rumeurs qui disaient que des jeunes du parti au pouvoir subissaient un entrainement paramilitaire en République Démocratique du Congo, que des fosses communes étaient creusées à Kirundo, à la frontière avec le Rwanda, pour y enterrer des Tutsis, que des machettes étaient entrain d’être distribuées à des Imbonerakure, que des armes à feu étaient en cours de distribution dans les provinces du sud du Burundi pour ne citer que ces exemples mais qui prouvent à suffisance que toute âme sensible pouvait être prise de panique et fuir. Le but visé par ces propagateurs de rumeurs était bien évidemment le sabotage du processus électoral, au profit d’un gouvernement de transition auquel ils participeraient sans devoir passer par des voies démocratiques, à savoir celles des urnes. D’autres ont quitté le pays logiquement lors de l’insurrection armée qui a débuté fin avril 2015. Cependant, compte tenu de la situation qui s’est normalisée, nous assistons à un vaste mouvement retour spontané et émettons un doute légitime quant à l’effectif de 250.000 burundais qui seraient encore en exil, en confrontant ces statistiques avec celles à notre disposition.

8. Le Gouvernement du Burundi déplore le fait que des irresponsables, guidés par la course vers le pouvoir et servant des intérêts idéologiques étrangers ont emprunté des voies tordues de médisance et de calomnie accompagnées par la fabrication d’évidences sur terrain, en fauchant des vies humaines. En effet, trafiquer des uniformes de la police ou de l’armée, enlever un paisible citoyen et alerter le monde qu’il est entre les mains de la police burundaise, le tuer pendant la nuit, mutiler son cadavre et le jeter dans la rue, prendre des images et les propager sur les réseaux sociaux tout en jetant le tort sur les forces de sécurité était devenu le quotidien obscure et malheureux des burundais. Cela encombrait même le quotidien des organes de presse écrite et audio-visuelle du monde entier et plusieurs organisations, pourtant sérieuses y compris ce Conseil, sont tombées dans ce piège. Cela transparaît dans les différentes déclarations et décisions prises à l’encontre du Burundi. Heureusement que la vérité éclate au grand jour.

9. Ces individus qui ont été transformés en machines à tuer s’avouent donc vaincus et indiquent publiquement qu’ils ont reçu des entraînements paramilitaires et des armes au Rwanda pour ensuite semer la terreur au Burundi. Certains avouent même être à l’origine de l’assassinat des trois religieuses catholiques très âgées en septembre 2014 au couvent de Kamenge, des incendies du marché central de Bujumbura et du commerce T2000 occupé par des ressortissants chinois. Des actes, disent-ils, qui visaient à attirer de l’ostracisme contre le Gouvernement du Burundi et le parti au pouvoir.

10. Le rôle négatif du Rwanda dans les actes inacceptables de sabotage et de terrorisme au Burundi, est pointé du doigt par des témoignages concordants et par divers rapports d’organisations internationales et des experts de l’ONU. Le Gouvernement de la République du Burundi accuse également la Belgique, notre ancien colonisateur qui a initié et entretenu une politique de division, source de toutes les crises sanglantes que le Burundi a connu en 1961, 1965, 1969, 1972 – 1973, 1988, 1993 et les années qui ont suivi y compris d’ailleurs le putsch manqué de 2015 puisque ce pays héberge certains des putschistes et jouissent d’un appui logistique et politique de la part de l’administration belge.

11. En 2015, le mouvement insurrectionnel, la volonté de saboter le processus électoral, le Coup d’Etat manqué, les attaques armées de juillet, en provenance du Rwanda, et de décembre contre des camps militaires constituent une suite logique de ce qui s’est passé lors des élections de 2010. Cette année-là, un certain nombre de politiciens de l’opposition ne supportèrent pas la défaite aux élections communales et formèrent une coalition dans le refus et la négation de la volonté populaire. Ils réclamèrent un dialogue avec le parti vainqueur, le Cndd-Fdd qui avait remporté les élections avec un score de 64%. Depuis lors, quelques individus de l’opposition menèrent des actes de sabotage par jets de grenades dans des lieux publics, assassinats ciblés et autres actes de vandalisme et de terrorisme durant toute la période allant de fin 2010 jusqu’au début de 2015, dans le but d’empêcher qu’il y ait des élections en 2015. Et chaque fois, ils continuaient à réclamer qu’il y ait un gouvernement de transition auquel ils prendraient part. Voilà le nœud de la problématique burundaise.

Monsieur le Président,

Auguste assemblée,

12. Le Gouvernement de la République du Burundi pose des actes notables pour améliorer la situation des droits de l’homme dans le pays, promouvoir les libertés publiques et d’opinion, la liberté de la presse et surtout, pour créer un climat favorable au dialogue inter burundais le plus inclusif possible dans les limites des lois en vigueur au Burundi et conformément aux recommandations de la Résolution 2248 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Le 4 mars 2016 le Président de la République a procédé au lancement officiel de la phase opérationnelle de la Commission Vérité Réconciliation et à l’ouverture solennelle de la sensibilisation de la population burundaise, une dernière étape dans la mise en application de l’Accord d’Arusha et dans la réconciliation effective du peuple burundais.

13. Aussi, le 23 février 2016 un décret présidentiel a été signé portant mesures de grâce de certains prisonniers à savoir les femmes enceintes ou allaitantes, les femmes ayant des nourrissons, les prisonniers atteints de maladies incurables et à un stade avancé, les personnes atteintes d’une infirmité notoire, les malades mentaux, les condamnés âgés de 60 ans et plus ainsi que les mineurs. Cette mesure aura pour résultat de réduire de un quart la population carcérale. Il est utile de rappeler également qu’auparavant des jeunes arrêtés dans les mouvements de rébellion et insurrection, dont des mineurs, avaient déjà bénéficié de la clémence de l’autorité judiciaire et libérés, soit plus de 200 sur un total de 513 personnes arrêtées.Utile de rappeler que cette mesure de grâce ainsi que d’autres antérieures excluent d’office les personnes poursuivie pour actes de violences basées sur le genre. Ceci pour vous signifier combien le Gouvernement du Burundi prend au sérieux ce crime odieux et ne peut en aucun cas le tolérer.

14. En outre, le Procureur Général de la République du Burundi vient de lever 15 mandats internationaux émis contre certains acteurs politiques ou de la Société civile soupçonnés d’avoir soutenu la tentative de renversement des Institutions, avant les élections de 2015. Cette campagne d’apaisement initiée par le Gouvernement a permis la réouverture de deux radios privées qui n’émettaient plus, détruites durant cette tentative de putsch et l’agrément d’une nouvelle.

Monsieur le Président,

Auguste assemblée,

15. Enfin, le Burundi d’aujourd’hui ne saurait être une terre où l’impunité a élu domicile. Même si la tâche est périlleuse, le Gouvernement n’aura pas de répit aussi longtemps que sur le territoire il y aura des individus qui veulent plonger le pays dans le chaos. Tous les crimes du passé et actuels doivent être châtiés conformément à la loi malgré la complexité de notre histoire. A ce jour, outre des civils incarcérés, les différentes prisons du Burundi contiennent 139 policiers et 84 militaires incarcérés pour diverses infractions liées à certains actes commis en dehors de leur déontologie professionnelle tels l’assassinat, coups et blessures, viols, tortures. Etc.

16. Nous demandons donc à la communauté internationale dans un cadre de solidarité humaine de continuer à soutenir le Burundi afin de relever les défis actuels et continue la route vers le développement intégral. Encore une fois, le Gouvernement réaffirme sa disposition à coopérer avec le Conseil des droits de l’homme et réaffirme sa disponibilité pour participer au dialogue de juin 2016.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

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Discours: President et autres

DECLARATION DE S.E VESTINE NAHIMANA AMBASSADEUR DU BURUNDI LORS DE LA 15ÈME SESSION DE L’ASSEMBLÉE DES ÉTATS PARTIES AU STATUT DE ROME

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