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FAVORISER LA CROISSANCE ECONOMIQUE, LA TRANSFORMATION ET LA PROMOTION DE LA PRODUCTION ET DE LA CONSOMMATION DURABLES

Bujumbura, 28 septembre 2015(DWG) :

Nous commençons par rendre grâce à Dieu Tout Puissant qui nous a gardés en vie jusqu’à ce jour, et Nous Lui demandons d’être constamment à nos côtés durant toute la durée de la 70ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies.
Permettez-moi avant tout de vous présenter les salutations fraternelles de Son Excellence Monsieur Pierre NKURUNZIZA, Président de la République du Burundi, et de vous féliciter pour l’excellente façon avec laquelle vous présidez notre réunion.

Nous voudrions avant de poursuivre notre propos présenter nos sincères condoléances au Gouvernement du Royaume de l’Arabie Saoudite et à son peuple après la tragique bousculade à Mina près de la Mecque qui a emporté des centaines de vies innocentes. Nos prières et nos pensées vont au Gouvernement, au peuple d’Arabie Saoudite et à toutes les familles éprouvées.

Comme vous le savez, la croissance économique ou la croissance de la production est la face visible du développement économique et social que recherchent toutes les économies en particulier les économies en développement.

Tout le monde le sait, le point de départ de la croissance économique est l’investissement et il ne peut y avoir de développement sans contribution visible de tous les secteurs en particulier la formation et l’apport de capitaux qui sont les principaux véhicules de la transformation.

PARAMETRES DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE AU BURUNDI.

Dans les pays en voie de développement en général, et au Burundi de manière particulière, l’objectif de croissance économique s’accompagnant d’une réduction de moitié de la pauvreté, inspiré du premier objectif du millénaire (OMD n°1) a guidé les orientations politiques nationales.

En effet, le récent rapport du Cadre stratégique de croissance et de lutte contre la pauvreté de deuxième génération (CSLP-II, 2012-2016), atteste que le taux de croissance économique a atteint 4,8% en 2014 et il était supposé atteindre 5,4% en 2015 selon les prévisions de La Loi de Finances 2015. Il faut noter que le CSLP-II Burundais est bâti sur quatre axes stratégiques mais a mis un accent particulier sur l’axe n°2 portant sur la transformation de l’économie avec un budget prévu qui doit augmenter de 32,2% en 2012 à 34,79% en 2015.

Le constat est que, malgré la mise en place de politiques économiques et financières adéquates, les résultats atteints dans l’ensemble des secteurs de l’économie burundaise n’ont pas encore permis d’avoir la croissance souhaitée. Le taux annuel moyen de croissance économique est d’environ 4% entre 2006 et 2013 et se démarque de la croissance nulle voire négative entre la fin de la décennie 1990 et des premières années 2000.

D’une certaine manière le constat est qu’il y a des progrès remarquables dans la mesure où le taux de croissance est toujours positif sur cette période, mais ce taux n’est pas suffisant pour permettre de réelles mutations des secteurs de l’économie. Suivant le taux de pauvreté mesuré selon les normes internationales de 1,25$ américains par jour, le nombre de pauvres au Burundi était de 68% en 2006. Il a progressivement diminué jusqu’à atteindre 60% en 2014.

Par conséquent, les défis de la croissance restent posés, en commençant par la croissance démographique élevée, située en moyenne à 2,4% selon le RGPH (2008) et les données de la Banque Mondiale (WDI, 2014). En outre, le taux de croissance du secteur primaire reste faible. Après avoir été négatif entre 2008 et 2010, il a atteint 5% en 2012.

Cette situation est préoccupante, car l’essentiel des emplois se situe dans ce secteur primaire avec un taux d’occupation situé à 97% de la population active. Cependant, il s’observe une mutation économique en termes de revenus. En effet, le secteur tertiaire est depuis 2012 le principal contributeur de la production nationale avec une part de 44% tandis que le secteur secondaire reste le maillon faible avec 15%. Le secteur primaire, essentiellement agricole, occupe l’essentiel des emplois mais est faiblement rémunéré, d’où la nécessité absolue de transformer ce secteur qui emploie la plus grande part de la population active.

Si la croissance économique n’est pas suffisamment élevée pour réduire la pauvreté et entraîner une création d’emplois, le défi posé est l’occupation d’une population jeune souvent en quête d’être scolarisée. Il est possible de prévoir une hausse de la croissance à long terme, accompagnée d’une réduction de la croissance démographique allant de 2.4% à 2% d’ici 2025. Deux hypothèses peuvent être envisagées :

PREMIERE HYPOTHESE : INVESTIR DANS LA SCOLARITE ET LA SANTE.


En investissant dans la scolarisation des enfants et de la jeunesse, le résultat attendu sera une baisse du taux de fécondité et partant de la croissance démographique, de 2,4% à 2% ; du nombre d’enfants par femme, de 6,2 à 3 par femme et de la hausse de l’espérance de vie, de 50 ans à 60 ans et de la hausse du taux d’urbanisation pouvant aller de 10,1% à 40%.

La vision Burundi 2025 est bâtie sur ces hypothèses, et il est possible d’atteindre ces objectifs d’ici 2030.

En cas de baisse démographique, les dépenses de santé diminuent proportionnellement.

Par conséquent, les économies cumulées sur 20 ans, par exemple entre 2015 et 2035 du fait de l’atteinte des objectifs démographiques de l’Etat seraient de 953,2 milliards de BIF, soit l’équivalent de 600 MILLIONS de dollars américains.

La tendance de nouveaux emplois entre 2010 et 2030, les nouveaux emplois à créer chaque année, en sus de l’existant, pour satisfaire la demande. Dans la réalité, les nouveaux emplois requis correspondent à la tranche de la population qui entre en âge d’activité chaque année. Ainsi, il y aurait plus de 240 000 emplois de moins à pourvoir si les objectifs du gouvernement sont atteints, que par rapport à la constance de la fécondité.

Au Burundi, les données de 2014 montrent que le chômage strict est de 10% en milieu urbain. Il affecte les femmes et les hommes dans des proportions semblables. Le chômage touche plus les plus éduqués puisqu’il croît avec le niveau d’éducation secondaire et supérieur. Il se situe autour de 4.5% pour ceux n’ayant aucun niveau et ceux ayant un niveau primaire alors qu’il varie entre 14 et 16% pour ceux de niveau secondaire et supérieur.

Le chômage touche plus les jeunes (15-24 ans et 25-34 ans), que ce soit chez les hommes ou les chez les femmes. En effet, il varie entre 12% et 14% pour les plus jeunes alors qu’il varie entre 5% et 7% pour la population de 35 ans à 64 ans. La Mairie de Bujumbura est la plus concernée avec un taux de chômage de 14% contre 2 à 5% pour cinq régions restantes.

DEUXIEME HYPOTHESE : TRANSFORMATION DES SECTEURS DE PRODUCTION.

 Le secteur agricole est le secteur qui tire l’essentiel des économies en fournissant l’essentiel de la consommation alimentaire ou encore en fournissant les intrants dont ont besoin d’autres secteurs. Or ce secteur est confronté aux défis liés aux conditions climatiques souvent défavorables et au manque d’intrants agricoles. Par conséquent, la production vivrière reste faible et dans la plupart des cas, le pays doit importer pour satisfaire les besoins alimentaires.

En réponse à ces défis, le relèvement de la production agricole s’impose et cela peut être fait moyennant à la mise en place des infrastructures d’irrigation avec des barrages hydro agricoles, couplées avec des programmes d’utilisation rationnelle de l’eau, d’aménagement des terrasses radicales et le reboisement, ainsi que la distribution d’engrais chimiques et des semences sélectionnées.

La croissance de la productivité agricole serait atteinte ainsi qu’une augmentation des rendements de l’élevage à moyen terme.

Les perspectives de croissance à partir des cultures de rente : malgré une production volatile et cyclique, le café, le thé et le coton restent parmi les premières cultures d’exportation.

Les programmes visant les réformes des filières visent à une bonne rémunération à la base et à la participation des producteurs dans l’actionnariat. Les principaux sentiers de la relance des cultures qui existent et qui ont souffert depuis longtemps de la faible rémunération des producteurs consistent dans la suppression du rôle d’intermédiaire entre producteurs et consommateurs.

Il est grand temps de couper les ponts et de moderniser ce secteur pour y faire entrer les producteurs dans le secteur des industriels et partant de l’exportation pour joindre les consommateurs.

Enfin, pour les activités minières, il faut encourager l’actionnariat local et revoir l’organisation des structures de production dominées par une exploitation informelle et artisanale. Une nette augmentation de la production des principaux minerais comme l’or, l’étain et le coltan est observée à la faveur de l’encadrement technique des exploitations artisanales, de l’agrément de nouveaux comptoirs et de la recherche géologique.

Le secteur industriel constitue ainsi un des premiers objectifs du gouvernement qui cherche à réaliser une mutation profonde de l’économie nationale. L’indice de la production industrielle composée en grande partie de produits alimentaires est en augmentation, mais la contribution du secteur industriel dans le PIB reste faible (15 à 16%).

C’est pour cela qu’on observe un affermissement du cadre de création des affaires et d’investissement avec un privilège accordé au développement des industries et aux règlements régissant ce secteur.

De façon globale, le rôle du secteur privé pour la relance de l’économie reste la priorité du gouvernement et la création de l’Agence de Promotion des Investissements constitue un soutien important à l’amélioration du climat des affaires et au renforcement de la compétitivité des entreprises installées dans le pays.

Je vous remercie.

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Discours: President et autres

Statement by H.E. M. Ambassador Alain Aimé NYAMITWE, Minister of External Relations and International Cooperation of the Republic of Burundi

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