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L’Assemblée nationale rejette les propos du président de la commission de l’UA sur le dossier Ndadaye

BUJUMBURA, 5 déc 2018 : L’Assemblée nationale (AN) du Burundi rejette les arguments avancés par le président de la Commission de l’Union africaine, M. Faki Mahamat Moussa, selon lesquels l’affaire de l’assassinat du président Melchior Ndadaye en 1993 relèverait de la compétence de la Commission vérité réconciliation (CVR).

Une déclaration du président de l’Assemblée nationale, M. Pascal Nyabenda, de ce mardi 5 décembre 2018, lue par son porte-parole, M. Alexis Badian Ndayihimbaze, précise que les poursuites judiciaires engagées contre les personnes présumées auteurs/planificateurs de l’assassinat du président Ndadaye est une action normale de la justice burundaise, contrairement aux propos de M. Mahamat Moussa, selon lesquels ces poursuites sont un acte qui pourrait porter atteinte à l’unité nationale et entraver les activités de la CVR.

Pour l’Assemblée nationale, cette affaire ne relève pas de la CVR. « Le Burundi n’est pas en crise et aucune situation actuelle n’empêcherait les institutions burundaises de fonctionner normalement. La justice burundaise ne fait que poursuivre une action qu’elle a déjà commencée, et la CVR n’a pas une mission d’empêcher les instances judiciaires et en l’occurrence la plus haute juridiction du pays, de clôturer les affaires pendantes devant elles ». L’Assemblée nationale rappelle qu’un arrêt de la Cour suprême du Burundi a été rendu mais qu’un pourvoi en cassation contre ledit arrêt a été formulé et que la procédure n’a, jusqu’à ce jour, été clôturée. Les personnes poursuivies dans ce premier temps étaient des exécutants, note la déclaration. Et le parquet général de la République vient d’ouvrir des enquêtes contre d’autres personnes impliquées dans cette affaire dont certaines d’entre elles sont actuellement en détention préventive.

Cette chambre basse du parlement burundais s’inscrit en faux contre les arguments selon lesquels la procédure judiciaire, qui vient d’être engagée par le parquet général de la République, relèverait d’une manipulation politique ou d’une manœuvre de diversion. Elle rejette catégoriquement l’idée selon laquelle l’action menée par la justice burundaise serait de nature à compliquer la recherche d’une solution consensuelle dans le cadre du dialogue inter burundais qui touche d’ailleurs à sa fin. Elle demande, à cet effet, aux organisations internationales de cesser de s’ingérer dans les affaires internes du Burundi qui relèvent de la souveraineté nationale et laisser la justice burundaise faire son travail.

L’AN considère qu’il s’agit plutôt de la poursuite d’une action qu’elle a déjà initiée et qu’elle entend clôturer. Elle encourage et soutient la justice burundaise à continuer à mener des investigations approfondies afin d’éradiquer définitivement l’impunité dans notre pays pour qu’aucun burundais ou étranger ne songe plus à renverser les institutions démocratiquement élues.

abp

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