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Le président de la CVR plaide pour la mise en place d’une loi sur le traitement des fosses communes

BUJUMBURA, 11 sept 2017 : Le président de la Commission vérité et réconciliation (CVR), Mgr Jean Louis Nahimana, a demandé, en fin de la semaine dernière, lors d’une conférence de presse organisée pour faire le point sur les résultats des dépositions populaires déjà faites dans quatre provinces, à savoir Mwaro, Karusi, Ngozi et Bujumbura-Mairie, qu’il y ait la mise en place d’une loi sur le traitement des fosses communes.

Concernant la protection des fosses communes déjà découvertes dans ces quatre provinces, Mgr Nahimana a souhaité une synergie nationale issue de diverses crises burundaises au coeur de laquelle les agents de l’administration territoriale à la base joueraient un rôle-clé pour éviter que des malfaiteurs ne viennent "faire disparaître ces preuves de la barbarie humaine".

"C’est un travail complexe qui n’est pas seulement du ressort de la CVR, ce que d’aucuns ignorent complètement. Car, en ce qui concerne le traitement des fosses communes, que ce soit la phase d’exhumation ou alors la réinhumation des restes humaines découvertes, on est astreint de respecter les conventions internationales en la matière, en se référant aux prérogatives dévolues au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en la matière. C’est aussi un travail que la CVR ne peut pas faire sans la collaboration des instances habilitées. Il faut une loi sur le traitement des fosses communes", a insisté Mgr Nahimana.

Pour lui, même si ce travail touche les émotions, il ne doit pas néanmoins être improvisé, surtout quand il s’agit des atteintes à la vie et aux droits humains. "Toutefois, il ne faut pas que les passions ou les émotions priment sur la raison car notre souci est de travailler dans les limites de la loi", a-t-il noté. Sur ce, il a recommandé de se référer aux prescrits des conventions internationales ad hoc, en l’occurrence la nécessité d’un guide et la promulgation d’une loi sur les fosses communes au Burundi.

"En effet, demain je ne peux pas me mettre à exhumer des corps et à les réenterrer quelque part sans m’appuyer sur un cadre légal", a-t-il fait remarquer. En revanche, a-t-il souligné, la protection des fosses communes est avant tout du ressort de l’administration territoriale qui devrait veiller à ce que "ces preuves ne disparaissent pas". Par ailleurs, a-t-il ajouté, la CVR ne peut pas travailler en dehors de la plateforme nationale de gestion des catastrophes naturelles, qui est composée notamment de la Croix-Rouge du Burundi, du CICR et de la Brigade chargée de la prévention des catastrophes.

En définitive, Mgr Nahimana s’est dit satisfait des réalisations déjà faites par la CVR à ce jour, parce qu’au stade actuel, elle en est encore à une phase préliminaire "non encore complexe"

sur la constitution d’une base de données, avec un focus sur des dépositions, l’inventaire des fosses communes et l’identification des personnes qui se sont distinguées dans la protection de leurs voisins.

Sur la question de savoir son analyse sur les disparités relevées sur le niveau des affluences entre les zones de la province urbaine de Bujumbura-Mairie en ce qui concerne la participation aux dépositions, Mgr Nahimana a indiqué que la forte ou la faible affluence dans les unes et les autres peut s’expliquer par les opportunités de disponibilité dans les quartiers majoritairement peuplés par des fonctionnaires et d’autres qui le sont moins.

"Mais aussi, on n’a pas encore évalué les effectifs pour savoir si c’est une minorité ou pas. En effet, il y a des gens aussi, pour avoir trop souffert, émettent des doutes par rapport à leurs attentes de la CVR. Certaines personnes se montrent sceptiques en se demandant si la CVR va leur ramener les leurs qui sont partis, ou alors si elle va leur ramener leurs maisons détruites, leurs voitures ou vaches pillées ! Cela montre qu’un travail en profondeur de sensibilisation en direction des victimes pour une large adhésion à la cause de la CVR reste encore d’une impérieuse nécessité", a-t-il fait remarquer.

En se projetant dans le futur, le président de la CVR a indiqué que les difficultés à venir sont attendues à l’étape postérieure de traitement des informations collectées, nécessitant le recours à des analyses rationnelles scientifiques. "Là, nous allons devoir attendre vraiment que les conditions soient réunies pour travailler avec des experts et, si possible, dans un cadre universitaire", a-t-il estimé.

abp

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