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Synthèse des travaux de la retraite politique organisée à Kayanza par l’Institution de l’Ombudsman de la République du Burundi à l’intention des présidents des partis politiques, leaders politiques et d’autres leaders sociaux, Kayanza, Hôtel LE PARADIS, 22-23 juin 2017

Sous le Haut Patronage de Son Excellence Monsieur le Premier Vice-Président de la République du Burundi, l’Institution de l’Ombudsman de la République du Burundi a organisé à Kayanza une retraite politique consécutive au Café politique tenu en date du 12 et 2017 à l’intention des Présidents des Partis, des leaders politiques et religieux, des représentants de la Société civile et des Média de notre pays.

En effet ,à la suite du Café politique organisé à Kayanza par l’Institution de l’Ombudsman les 12 et 13 mai 2017 et à l’issue duquel s’est dégagé entre autre perspective de prolonger l’action par une retraite politique en bonne et due forme, les participants audit café se sont retrouvés au même endroit les 22 et 23 juin 2017 afin d’approfondir les idées restées en suspens en vue de dégager des conclusions, des orientations de conduite, voire des actions à mener dans un proche, moyen et long termes qui permettront d’aboutir aux élections apaisées en 2020.

A titre de rappel, ledit : Café politique de mai 2017 s’était focalisé sur les « Forces et faiblesses des partis politiques au Burundi, quelles perspectives pour 2020 ? » d’une part, et « Espace et libertés politiques au Burundi : Défis et perspectives ».

Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé autour de l’idée d’organiser le plus tôt possible une retraite sur le même thème, toujours sous la houlette de l’Institution de l’Ombudsman.

C’est donc pour joindre l’action à la parole que cette dernière a organisé, ces 22 et 23 juin 2017, la retraite souhaitée par les participants au Café de mai.

Etaient invités aux assises de cette retraite politique, les participants au café du 12 mai qui s’étaient convenus de se revoir pour approfondir les réflexions entamées ce jour-là.

Ce faisant, l’Institution de l’Ombudsman poursuit son ambition par ailleurs légitime de voir l’espace de dialogue mis en valeur en offrant à tout un chacun une occasion de prise de parole, mais surtout, une occasion d’apporter chacun sa contribution à la consolidation de la culture de dialogue, de compréhension, de respect mutuel dans la diversité d’opinions et de croyances.

L’objectif poursuivi par cette retraite politique reste de contribuer à l’assainissement du climat sociopolitique et au rétablissement de la confiance entre les leaders politiques en vue de créer un environnement propice aux élections apaisées en 2020.

Pour aboutir à cet objectif, les participants ont mené des échanges sur les thèmes ci-après :

1. Echanges sur la situation politico-sécuritaire au Burundi : Leçons tirées de 2015 et perspectives de 2020

2. Tentative d’une feuille de route pour 2020.

Comme le ton avait été donné grâce au Café politique du 12 mai, les réflexions au cours de cette retraite ont été menées sous forme de brainstorming en un premier temps, puis des échanges en plénière.

Ces travaux étaient accomplis avec la modération de Monseigneur Jean Louis NAHIMANA et de Frère Emmanuel NTAKARUTIMANA.

1ère partie : quelles leçons tirées, quelles perspectives pour 2020 ?
Au terme des échanges sur les thématiques proposées, les participants ont dégagé certaines leçons tirées du passé et formulé des pistes de solutions ci-après :

1. Depuis les années de 1960 jusqu’à nos jours, les élections organisées au Burundi ont toujours été suivies des tensions et des troubles qui ont endeuillé le pays d’où la nécessité d’organiser de bonnes élections qui génèrent la stabilité et le développement de notre chère patrie ;

2. La promotion des antivaleurs qui nous embourbent dans les conflits sociaux sans fin devraient etre remplacées par des valeurs positives qui ont toujours garanti la cohésion entre les différentes composantes de notre pays ;

3. Par rapport à la problématique liée à l’interprétation et à l’application rigoureuse des textes de lois, les participants proposent que l’interprétation des textes de loi soient exclusivement réservée aux instances habilitées ;

4. A la culture du mensonge qui prend de plus en plus une ampleur inquiétante dans la classe politique burundaise, un retour aux valeurs positives que regorge la culture burundaise s’impose pour remettre les pendules à heure ;
5. A la question relative à l’intolérance politique qui consacre les situations d’injustice dans l’exercice des libertés politiques, les pouvoirs publics devraient inculquer aux leaders politiques et a tous les citoyens burundais les vertus de la tolérance à travers des séances d’éducation citoyenne ;

6. Par rapport au non-respect du verdict des urnes qui a été la source des déchirements du tissu social burundais, la classe politique burundaise devrait s’imposer la discipline rigoureuse de respecter la décision du peuple par le respect de ses choix exprimes par la voie des urnes car c’est le seul chemin d’accéder démocratiquement au pouvoir ;

7. Concernant la classe politique burundaise qui ne respecte pas les engagements pris causant ainsi du désordre dans le pays, il est proposé de mettre en place des mécanismes de suivi de l’application stricte des engagements pris sur toutes les questions d’intérêt national pour en découdre avec cette mauvaise pratique ;

8. Face à l’ingérence étrangère dans la gestion des affaires intérieures du pays, les participants à la retraite de Kayanza proposent à la classe politique et à tous les citoyens burundais d’avoir confiance en eux-mêmes dans la gestion souveraine de la destinée de leur patrie ;

9. Aux pratiques d’exclusion qui ont toujours conduit notre pays aux différentes catastrophes, il est demande à tout un chacun de s’inscrire dans la logique d’inclusion pour garantir l’harmonie sociale ;

10. A la problématique des coalitions qui ne sont actuellement reconnues que pendant la période électorale, il est souhaitable de penser à mettre en place des mécanismes légaux qui permettraient aux coalitions d’exercer librement les activités politiques ou transformer ces coalitions en Parti politique et demander son agrément en bonne et due forme ;

11. Concernant le débat autour de l’Accord d’Arusha, les participants proposent son évaluation.

12. De la révision de la Constitution, les partis proposeraient des amendements à la Commission mise en place.

13. Pour ce qui est de l’exclusion qui est déplorée au niveau de la composition de la Commission Electorale Nationale Indépendante et dans ses démembrements, les participants recommandent que cette structure soit élargie à toutes les forces politiques du pays. Toutefois, cette action passerait par l’ajustement des textes légaux qui gèrent cette institution ;

14. La globalisation a été épinglée comme source d’ennuis dont souffre la communauté burundaise. Face à ce défi, les participants à la retraite estiment qu’il est plus que nécessaire de faire usage d’un discours qui établit clairement les responsabilités des uns et des autres dans la gestion des affaires publiques ;

15. Au sujet de la problématique portant élaboration de la Feuille de Route toutes les fois qu’on se prépare pour les élections au Burundi, les participants proposent de remettre sur la table la Feuille de Route convenue en 2013 à KAYANZA pour l’analyser et l’enrichir en vue d’aboutir à une Feuille de Route plus crédible pour 2020 ;

16. S’agissant de l’espace politique qui n’est pas garanti équitablement aux responsables et leaders politiques, il est proposé aux pouvoirs publics de respecter la loi sur l’exercice des libertés publiques ;

17. A la problématique des réfugiés qui sont à répétition en croissance exponentielle toutes les fois qu’une crise éclate au Burundi, les participants proposent aux pouvoirs publics de tout mettre en œuvre pour procéder au rapatriement du maximum de burundais en exil afin de pouvoir préparer ensemble les élections de 2020 ;

18. S’agissant de certains mouvements des jeunes affilies aux Partis politiques qui sont souvent manipulés par les responsables et leaders politiques causant par la suite des fractures de la société burundaise, il est demandé aux responsables des Partis politiques d’éduquer les jeunes de leurs Partis aux valeurs de paix et de l’exercice des principes démocratiques ;

19. Concernant l’impunité des crimes qui continue à alimenter les crises sociales au Burundi de façon répétitive, les participants proposent comme thérapie l’application rigoureuse des lois qui répriment tous les actes de violences par les organes ayant cette compétence dans leurs attributions ;
20. Au sujet du chômage qui prend une ampleur inquiétante au Burundi annihilant tous les efforts de stabilisation du pays, les participent proposent aux pouvoirs publics et aux burundais qui en ont la capacité de multiplier les initiatives de création d’emplois et ce spécialement en direction des jeunes ;

21. A la problématique liée à la mauvaise rédaction de notre Constitution qui compliquent sa lecture et sa mise en application, les participants proposent aux constitutionnalistes burundais de nous préparer une Constitution bien rédigée et partant facile à exploiter et à appliquer ;

2ème partie

AVIS ET PROPOSITIONS EN TERMES D’ACTIONS CONCRETES POUR LES ELECTIONS 2020

A. Aux Partis politiques

1. Aux Partis politiques qui veulent avancer sur la voie de la démocratie, il leur est demandé de continuer leur marche vers les élections de 2020 ;

2. Assainissement de l’espace et de l’environnement politique dans le respect des libertés publiques ;

3. Application équitable de la loi sur tous les citoyens burundais ;

4. Enseigner les valeurs de la tolérance en direction de tous les burundais ;

5. Initier les efforts de rassemblent des Partis politiques qui sont aujourd’hui divises ;

6. S’éviter l’usage du mensonge politique et diplomatique dans l’exercice de leurs libertés politiques ;

7. Intérioriser que les élections doivent impérativement avoir lieu en 2020 ;

8. Se référer à la Feuille de Route de 2012 pour préparer la Feuille de Route vers les élections de 2020 ;

9. Accepter et respecter le verdict des urnes ;

10. Assurer une bonne formation des mandataires des Partis politiques dans les techniques d’observation des élections ;

11. Reconnaître que la paix et la sécurité règnent au Burundi ;

12. Promouvoir la culture démocratique au sein des Partis politiques ;

B. Au Gouvernement

13. Mettre à la disposition de la Commission Vérité et Réconciliation les ressources nécessaires pour aider les Burundais à aller vers les élections apaisées en 2020 à travers l’animation des séances d’échange sur la gestion des mémoires à travers tout le pays ;

14. Trouver des remèdes aux défis de pauvreté, de chômage, de paix et de sécurité auxquels le pays fait face actuellement ;

15. Élargir la Commission Électorale Nationale Indépendante à toutes les forces politiques pour la rendre davantage inclusive ;

16. Mettre en place à temps des outils légaux pour permettre à la classe politique et aux organisations de la Société civile d’en discuter le contenu dans les délais ;

17. Amender la Constitution dans l’esprit de rassurer toutes les composantes de la société burundaise ;

18. Multiplier les discours qui rassurent pour permettre aux burundais en exil de rentrer pour préparer ensemble les élections de 2020 ;

19. Permettre un accès équitable aux medias d’Etat à tous les Partis et leaders politiques burundais ;

20. Se garder de s’immiscer dans la gestion et le fonctionnement des Partis politiques ;

21. Encourager la fusion et /ou la réunification des Partis politiques ;

22. Procéder à l’évaluation des Accords d’Arusha pour se fixer sur l’état des lieux de leur mise en application ;

23. Permettre qu’il y ait un débat démocratique et contradictoire en vue de dégager des compromis sur des questions d’intérêt national qui font avancer avec assurance le processus électoral vers 2020 ;

24. Garantir l’inclusivité de toutes les forces politiques et de la société civile dans la gestion des affaires publiques ;

25. Mettre fin à l’impunité et juguler la crise de confiance entre toutes les composantes de notre société ;

26. Garantir les conditions sécuritaires aux responsables et leaders politiques dans l’exercice de leurs activités politiques sur toute l’étendue du territoire ;

27. Mettre en place un organe indépendant de régulation et de gestion des conflits entre Partis politiques ;

28. Clarifier le statut juridique des indépendants avant, pendant et après les élections ;

29. Mettre en place le Conseil National de l’unité comme prévu par la constitution. Il en est de même de l’observatoire de lutte, de prévention et d’éradication des pratiques de génocide ;

30. Inviter le bureau de la facilitation MKAPA à venir suivre le dialogue que les responsables et leaders politiques burundais sont en train de mener à l’interne ;

E. A l’Institution de l’Ombudsman

31. Superviser l’action de réécriture de l’Histoire du Burundi pour la lire et la comprendre de la même manière y compris les actions de l’enseigner à nos enfants ;

32. Veiller à l’instauration de la Carte Nationale d’Identité biométrique et d’autres outils qui peuvent détecter les cas de fraude électorale ;

33. Harmoniser la constitution et le Code Electoral pour gérer les coalitions des Partis politiques ;

C. Aux organisations de la société civile

34. Eviter les manipulations exercées sur elles par certains responsables et leaders politiques ;

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