AUJOURD'HUI
125
SEMAINE DERNIERE
2776
PAGES VUES
173565
TOTAL VISITES
137568

Discours de l’Ambassadeur Albert SHINGIRO, Représentant Permanent du Burundi auprès des Nations Unies lors de la réunion du Comité du Conseil de Sécurité créé par la résolution 1533 (2004) concernant la RDC avec les Etats voisins, sous la présidence de S.E. M. Amr Abdellatif Aboulatta, Représentant Permanent de l’Egypte auprès de l’ONU et Président du Comité

New York, 10 octobre 2016

Monsieur la Président

Mesdames, Messieurs les membres du Comité

Chers collègues,

Permettez-moi d’entrée de jeu de vous remercier pour avoir convoqué cette importante réunion à l’intention des Etats de la région concernés par le rapport du Groupe d’Experts sur la RDC. C’est une excellente occasion pour nous de commenter son rapport final(S/2016/466) et échanger sur ses recommandations aux Etats de la région. Nous saluons cette nouvelle approche initiée récemment et visant à renforcer le dialogue et la confiance entre le Groupe et les Etats Membres. Nous vous encourageons de maintenir et pérenniser cette bonne initiative et vous pouvez compter sur notre soutien à cet égard.

Monsieur la président,

Après que nous ayons examiné ce rapport, nous souhaiterions faire quelques commentaires sur les paragraphes concernant directement ou indirectement le Burundi.

Commençons par les 37 et38, du paragraphe 159 à 163 où le présent rapport parle de l’exportation d’or vers Bujumbura notre capitale en provenance du Sud-Kivu en RDCongo.

Je dois dire ici que tout comme les autres pays de la région, nous sommespréoccupés par l’exploitation illégale persistante des ressources naturelles dans la Région des Grands Lacs et ses liens évidents avec la prolifération des armes légères et de petit calibre, le financement des groupes armés et la perpétuation des crimes.

Nous sommes également préoccupés par l’impact négatif de l’exploitation illégale des ressources naturelles qui prive les Etats des ressources dont ils ont besoin pour lutter contre la pauvreté et aggrave la dégradation de l’environnement.

Face à cette situation, le Burundi a déjà réaffirmé son engagement à respecter le Mécanisme de Certification Régional en vue de se conformer aux exigences du marché régional et international sur la transparence dans le commerce des minerais et du Pacte sur la Sécurité, la Stabilité et le Développement dans la Région des Grands Lacs et, en particulier, son Protocole sur la Lutte contre l’Exploitation Illégale des Ressources Naturelles. Le Burundi s’est engagé également à lutter contre l’exploitation illégale des ressources naturelles à travers des moyens juridiques nationaux, régionaux et internationaux.

Les cas cités dans les paragraphes susmentionnés sont des cas isolés dont certains peuvent échapper à la vigilance des autorités nationales et locales suite au manque de ressources et de formation adéquate pour faire face à l’exploitation et à la commercialisation illégale des ressources naturelles dans la sous-région.

A cet égard, nous lançons un appel à la communauté internationale pour appuyer et renforcer l’Initiative Régionale de la CIRGL sur la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles comme système mandaté par la Région des Grands Lacs, en (a) en alignant leur appui sectoriel bilatéral et régional aux objectifs de l’Initiative Régionale de la CIRGL sur la Lutte contre l’Exploitation Illégale des Ressources Naturelles.

Au chapitre de la sécurité dans région qui a été longuement traitée dans le rapport, mon pays, le Burundi, croit fermement que la région a des instruments pertinents, en matière de Paix et de Sécurité. Notre Pacte pour la Paix et la Stabilité et le développement dans notre région ainsi que les protocoles qui en font partie intégrante, sont là pour témoigner de l’engagement à œuvrer pour la Paix, la démocratie et le Développement dans notre région.

Ainsi, vous vous souviendrez que le thème des assises de Luanda de la CIRGL au début de l’année 2016, « accélérons la mise en œuvre effective du pacte et de ses protocoles pour une meilleure démocratie et la stabilité dans la région des grands-lacs », un thème quine pouvait mieux dire, tant il est vrai que si nous TOUS nous nous approprions nos propres instruments et institutions, nous serons en mesure de faire la différence au bénéfice de nos populations respectives.

Hélas, cela ne semble pas être le cas. Parce que des groupes négatifs, naviguent à contre-courant des efforts louables de la Paix et de la Sécurité régionales. Pire, ils trouvent parfois des Etats qui les hébergent et leur facilitent le travail, en violation totale du principe de l’intégrité territoriale d’autres Etats.

Vous vous souviendrez, M. le Président, que le 25 septembre 2015 à New York, notre Gouvernement avait fait état d’actes d’agression et de violation du droit international et de l’accord cadre d’Addis-Abeba pour la paix, la sécurité et la coopération en RDC et la région par le Rwanda, actes dont le Burundi est victime jusqu’aujourd’hui.

La délégation burundaise avait démontré que le Gouvernement rwandais était derrière l’agression du 10 juillet 2015, par le fait qu’il abrite des camps de recrutement et entrainement militaires, héberge, protège et soutient certains putschistes et autres forces négatives. Par conséquent, la délégation a demandé au (et obtenu du) Comité Interministériel Régional d’engager le Rwanda à respecter le Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la Région des Grands Lacs et son protocole sur la non-agression et la défense mutuelle dans tous ses aspects. Le Comité Interministériel Régional avait décidé de déployer le Mécanisme Conjoint de Vérification Elargi (MCVE) au Rwanda afin de vérifier les allégations du Burundi contre ce pays et faire rapport à qui de droit.

J’aurais aimé me tenir devant vous aujourd’hui, pour indiquer que ces actes ont cessé. J’aurais aimé vous donner de bonnes nouvelles d’un changement d’attitude de ce côté-là. Je ne peux pas vous donner de bonnes nouvelles parce que des recrutements dans les camps de réfugiés burundais au Rwanda n’ont pas cessé. Parce que des entraînements militaires ont continué à être donnés à nos compatriotes réfugiés au Rwanda, quelques fois de force. Des incursions, aussi. Cette fois, via la RDC. Nous nous devons de saluer la vigilance des services de sécurité de la RDC et de la MONUSCO, qui ont intercepté des dizaines de jeunes, burundais, accompagnés d’officiers déserteurs de l’armée burundaise, en mission d’attaque du Burundi. L’un des chefs de guerre M. Alexis SINDUHIJE a été sanctionné par les Etats Unis pour son virage à violence extrême et nous demandons les partenaires de l’Union Européenne de faire même en l’interdisant d’utiliser le sol des Etats de l’Union pour lancer des appels à la guerre et à l’extrémisme violent.

Ce qui est important à retenir aujourd’hui, c’est que nous ne sommes pas les seuls à tirer la sonnette d’alarme. Des ONGs, des diplomates et même les Nations-Unies elles-mêmesà travers le Groupe d’Experts sur la RDCqui ont produit ce rapport, sont au courant de l’agression dont est victime le Burundi. Des rapports sortent, les langues se délient, les informations sont diffusées, sur ce qu’il convient d’appeler une vaste entreprise de déstabilisation du Burundi par procuration.

Plusieurs rapports crédibles ont déjà confirmé que le Rwanda facilite le recrutement, l’entrainement et l’armement des réfugiés burundais en vue de déstabiliser le Burundi. Je cite notamment le rapport du Groupe d’Experts de l’ONU sur la RDC, le rapport de refugees International. A ces rapports, nous ajoutons les preuves irréfutables à notre disposition depuis le début de l’insurrection de 2015.

Sur ce chapitre, devant le Sénat des USA, le Gouvernement des USA a admis officiellement au début de l’année, par le canal de la Secrétaire d’Etat adjointe aux Affaires Africaines, Linda Thomas Greenfield et de Tom Perriello, Envoyé spécial des USA pour la Région des Grands Lacs, que ce que nous avons toujours dit sur les activités subversives de ce pays contre le Burundi est VRAI. Pour rappel, les instigateurs de l’insurrection d’avril-mai 2015, les putschistes du 13 mai 2015 ont établi leur état-major à Kigali. La tentative du coup d’état du 13 mai 2015, on l’a dit, on le redira, est d’origine étrangère au Burundi.

Ce sont là des actes que nous condamnons et condamnerons toujours sans réserve. Ce sont des faits graves, qui nuisent à la coexistence pacifique des Etats. Ils violent tous les standards établis dans les relations internationales. Ils n’augurent rien de bon et ne peuvent, en aucune manière, contribuer aux objectifs de notre Pacte, en ce qu’ils violent impunément le Protocole sur la non-agression et la défense mutuelle. Le Pacte engage entre autres les Etats membres à fonder leurs relations sur le respect des principes de souveraineté nationale, d’intégrité territoriale, de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres Etats membres, de non-agression, de coopération et de règlement pacifique des différends.

Monsieur le Président, le Gouvernement du Burundi a déjà saisi officiellement le Conseil de Sécurité afin que ce dernier puisse sans tarder se saisir de cette question qui menace sérieusement la paix et la sécurité non seulement pour le Burundi et le Rwanda, mais aussi pour toute la région. L’action du Conseil de Sécurité est toujours attendue à cet égard.

Aujourd’hui, le Gouvernement du Burundi lance encore une fois de plus un appel au Conseil de Sécurité pour rappeler le Rwanda à l’ordre, en lui demandant de cesser immédiatement de faciliter le recrutement, l’entraînement et l’armement des forces négatives qui commettent des actes d’agression contre le Burundi. Il y va aussi de son intérêt.

Monsieur le Président, cette réunion ne doit pas être une simple réunion de plus pour le peuple burundais et d’autres peuples de la Région qui attendent de nous plutôt la paix. En peu de mots, nous voulons régler nos défis sans ingérence de qui que ce soit.
Ceci nous amène Monsieur le Président à exprimer notre soutien à la recommandation du paragraphe 239 du rapport adressée au Rwanda en rapport avec les conclusions du Groupe d’Experts relatives à la formation, l’équipement et l’encadrement militaire de réfugiés burundais dans ce pays voisin à qui nous lançons un appel pour mettre fin à son attitude belliqueuse envers le Burundi. Le déni total des faits est contreproductif pour les deux peuples concernés.

Merci pour votre aimable attention !

Retour
Discours: President et autres

DECLARATION DE S.E VESTINE NAHIMANA AMBASSADEUR DU BURUNDI LORS DE LA 15ÈME SESSION DE L’ASSEMBLÉE DES ÉTATS PARTIES AU STATUT DE ROME

Burunndi en Bref
Videotheque
Liens Utiles(autres sites)

www.burundi.gov.bi
www.presidence.gov.bi
www.vicepresidence2.gov.bi
www.senate.bi
www.assamblee.bi
www.arb.bi

© Copyright Republique du Burunndi. Tous droits reserves