AUJOURD'HUI
250
SEMAINE DERNIERE
2017
PAGES VUES
127644
TOTAL VISITES
105450

DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR L’AMBASSADEUR ALBERT SHINGIRO, REPRESENTANT PERMANENT DU BURUNDI AUPRES DES NATIONS UNIES LORS DE LA PRESENTATION DU RAPPORT DE LA VISITE AU BURUNDI DE L’AMBASSADEUR JURG LAUBER, PRESIDENT DE LA CONFIGURATION-BURUNDI DE LA COMMISSION DE CONSOLIDATION DE LA PAIX

NEW YORK, 13 JUILLET 2016

1) Monsieur le président, permettez-moi avant tout de vous remercier pour avoir eu la bonne idée d’effectuer votre deuxième visite de l’année au Burundi pour vous rendre compte de la situation réelle qui prévaut sur le terrain dans notre pays.

2) Je saisis également cette bonne occasion pour remercier les Etats membres de la Configuration-Burundi de la Commission de Consolidation de la Paix pour leur présence à cette réunion ce matin. C’est un signe éloquent de soutien que nous apprécions énormément.

3) Je souhaite aussi vous féliciter pour votre rapport exhaustif que vous venez de présenter aux membres de la Configuration qui viennent d’avoir des informations de première main sur la situation au Burundi.

4) Monsieur le Président, au cours de votre visite, vous avez rencontré plusieurs autorités nationales à tous les niveaux. Le moment fort fut l’audience que vous avez eue avec S.E.M le Président de la République dans la matinée de vendredi 8 juillet. Vous vous souviendrez qu’au cours de cette audience qui a duré environ 1 heure, le Président vous a présenté succinctement les progrès déjà enregistrés sur le plan politique, sécuritaire et des droits de l’homme, mais il a saisi la même occasion pour reconnaitre quelques défis qui restent à relever et qui nécessitent l’accompagnement des partenaires pour y parvenir. Il a entre autres mis l’accent sur la mise œuvre effectif de l’accord d’Arusha de 2000 en mettant en exergue l’importance de deux organes majeurs prévus par cet accord, à savoir la CNTB et la CVR qui est le dernier organe prévu par l’accord d’Arusha.

5) Monsieur le Président, le but de mon intervention n’est pas de revenir sur les détails de votre rapport que vous de présenter avec éloquence voulue, mais plutôt de réitérer à titre complémentaire quelques éléments d’informations sur le plan politico-sécuritaire.

6) En ce qui concerne la Situation sécuritaire, comme vous l’avez bien constaté vous-mêmes, vue dans sa globalité, la situation sécuritaire est très bonne sur tout le territoire national sauf quelques cas isolés de criminalités observés ici et là et qui sont en train d’être maitrisés grâce à la vigilance et au professionnalisme des forces de l’ordre qui travaillent jour et nuit pour défendre la souveraineté du Burundi ainsi que la dignité de son peuple. Au Burundi comme ailleurs la lutte contre la criminalité est un combat permanent, y faire face est un exercice de tous les jours qui nécessite également une attention constante.

7) Dans le cadre de la Communauté Est-Africaine, cette dernière a dépêché à Bujumbura du 20-24 juin 2016 une mission ad hoc d’experts pour évaluer la situation sécuritaire au Burundi. Au terme de cette mission, l’équipe a conclu que la situation sécuritaire au Burundi est redevenue normale, y compris dans la ville de Bujumbura. L’équipe a aussi recommandé le maintien de toutes les réunions de la Communauté Est Africaine prévues au Burundi conformément au calendrier établi et en vigueur de l’Organisation.

8) Vous vous souviendrez également que deux semaines avant l’arrivée du Groupe d’Experts de l’EAC à Bujumbura, trois experts de droits de l’Homme de l’ONU qui ont séjourné au Burundi début juin ont fait le même constat. Au terme de leur mission, les trois experts ont déclaré qu’ils ont constaté une accalmie politique perceptible au Burundi qu’il faut encourager et faire perdurer. Cette évaluation objective de la situation devrait inspirer les partenaires basés à New York dans leurs prises de positions sur la situation au Burundi afin d’éviter l’émergence de deux lectures différentes entre d’une part, New York et la sous-région et entre les experts de l’ONU dépêchés sur le terrain et les Etats membres à New York d’autre part.

9) Sur le plan politique, malgré le contexte complexe de la période pré-électorale, électorale et postélectorale de 2015, marquée par des troubles dans certains quartiers de la capitale (Bujumbura) et qui ont affecté la vie de la Nation dans tous ses aspects, la situation s’est normalisée, que ce soit sur le plan social, économique, politique ou sécuritaire, même si des défis persistent.

10) Au chapitre du dialogue politique par exemple, celui-ci se poursuit normalement que ce soit avec les Burundais de l’intérieur ou ceux de la diaspora. Le dialogue a permis aux Burundais de plusieurs horizons de discuter des problèmes liés à l’organisation des élections, à la bonne gouvernance, au contenu des accords d’Arusha et de la Constitution et à la manière de définir le Burundi tel que nous le voulons dans l’avenir.

11) Ce même dialogue a été engagé sur le plan externe sous l’égide du Président ougandais Yoweri MUSEVENI. Une séance de consultations de 4 jours a eu lieu à Arusha en Tanzanie au mois de mai 2016 et a réuni le Gouvernement burundais, les partis politiques de l’opposition, les partis de la mouvance présidentielle et la société civile sous l’égide de l’ex Président Tanzanien Benjamin MUKAPA qui a toute notre confiance. Ce dialogue externe vient en complément au dialogue interne conformément aux résolutions 2248 et 2279 du Conseil de Sécurité qui parlement explicitement du dialogue à l’intérieur et à l’extérieur du Burundi. La composante externe du dialogue inter burundais permet d’associer l’opposition se trouvant à l’extérieur du pays. Ce dialogue externe vient de reprendre comme prévu dans la même ville d’Arusha, même sides imperfections inattendues sur le plan organisationnel ont causé quelques problèmes qui ont été vite vidés avant la poursuite de la séance. Au total 97 Burundais, 71 hommes, 26 femmes venant de 48 secteurs dont 23 partis politiques ont été invités à y participer. Je dois signaler en passant que certains membres de l’opposition en exile ont trompé la vigilance de la médiation en usurpant les identités d’autrui pour avoir accès à la salle, mais ils ont été vite démasqués et la situation est rentrée dans l’ordre par apres.

12) La composante interne du dialogue inter burundais arrive à un point satisfaisant. Il se déroule dans l’inclusivité totale politique, ethnique, régionale et de genre. Plusieurs milliers de Burundais, de la colline la plus éloignée à Bujumbura la capitale se sont déjà exprimés sur les enjeux majeurs en rapport avec l’avenir socio-politique du pays. Tout le monde, les femmes, les jeunes, les moins jeunes, les autres groupes de la société civile, les religieux, les forces de défense et de sécurité, a mis la main à la pâte au cours des débats publics organisés sur tout le territoire national. Durant votre séjour, de très larges consultations ont eu lieu dans le sud du pays. Le président de CNDI avait souhaité vous inviter à ces consultations, mais comme vous aviez un calendrier déjà établi, cela n’a pas été possible. Ce n’est que partie remise, une telle descente pourrait intervenir lors de votre prochaine visite prévue avant la fin de l’année.

13) Les séances publiques d’interactions entre la CNDI et la population constituent une excellente occasion de débattre à bâton rompu de tous les problèmes sociopolitiques auxquels fait face notre pays depuis plusieurs années. Les conclusions permettront aux autorités nationales de prendre de bonnes mesures pour le bien être de la population. Nous saisissons cette occasion pour vous remercier vous personnellement et votre pays la Suisse pour avoir financé une étude sur la façon dont ce dialogue est mené. Les conclusions de cette étude académique permettront aux partenaires qui hésitent encore à appuyer ce dialogue. Vous l’avez vous-même constaté, les recommandations qu’un des deux experts nous a présentées en présence du Président de la CNDI ont été bien accueillies par ce dernier, y compris les imperfections nécessitant des corrections pour mener à bien ce processus fort important pour l’avenirdu Burundi.

14) Revenant sur le dialogue politique avec les Burundais de l’étranger, permettez-moi de rappeler que les sessions de dialogue organisées à l’extérieur du Burundi ne constituent pas un dialogue où nous allons discuter du partage du pouvoir car le power sharing est déjà existant et consacré par notre Constitution de 2005 et l’accord d’Arusha de 2000. Des questions comme la bonne gouvernance économiqueet politique, la culture démocratique en vue des élections apaisées en 2020, le respect du verdict des urnes et le recoursaux canaux légaux existants pour résoudre les différends électoraux sans passer la violence, ainsi que le retour volontaire des réfugiés devront à notre avis avoir une place de choix dans le dialogue en cours.

15) Je me permets Monsieur le Président de répéter ce que j’ai dit lors de la réunion préparant votre visite au Burundi. Le dialogue que nous voulons inclusif ne doit pas être une entrave à la démocratie ou une remise en cause des acquis démocratiques de 2015, mais plutôt un outil de cohésion nationale qui nous permettra de nous projeter dans l’avenir avec sérénité. Il est la clé de voûte du modèle sociopolitique que nous voulons construire et léguer aux générations futures.

16) On ne cessera jamais de le dire, au cours de ce dialogue les sacro-saints principes de l’appropriation nationale et la dimension régionale doivent être respectés et soutenus. Il en est de même des résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité comme par exemple les résolutions 2248 et 2279 qui définissent les qualités des participants au dialogue. Nous regrettons le fait que certains partenaires qui se reconnaitront continuent de pousser le Gouvernement du Burundi à dialoguer avec les Burundais qui ont fui le pays après avoir échoué le renversement des institutions par un coup d’Etat en plus d’autres qui se sont illustrés dans l’organisation de l’insurrection violente de 2015 qui endeuillé beaucoup de Burundais de toutes les tendances.

17) Monsieur le Président, nous sommes bien déterminés à poursuivre le dialogue franc et sincère avec tous les burundais aussi bien de l’intérieur que de la diaspora et cela de bonne foi. Néanmoins et nous le répétons encore une fois, nous avons une ligne rouge que nous ne comptons pas franchir pour éviter de piétiner les principes élémentaires en matière de démocratie. Il est clair que nous n’allons pas nous asseoir avec les putschistes du 13 mai 2015 ainsi que les acteurs qui se sont illustrés dans l’insurrection de 2015 qui a endeuillé beaucoup de familles. Les résolutions 2248 et 2279 du Conseil de sécurité sont clairs là-dessus, je n’y reviendrai pas longuement. Le dialogue concerne uniquement des acteurs paisibles ou ceux engagés aux solutions pacifiques à nos différends.

18) Par ailleurs, il n’est pas normal que des pressions continuent à se déverser sur un gouvernement démocratiquement élu dans le but d’accommoder ceux à qui la population a refusé les sièges au parlement ou au Gouvernement par la voie des urnes. Le meilleur conseil à leur prodiguer serait plutôt de leur dire de commencer à se préparer sérieusement aux élections de 2020 pour augmenter leurs scores et éviter une scène semblable à celle de 2015.

19) En ce qui concerne les relations avec nos partenaires techniques et financiers, nous nous réjouissons de la rencontre qui a lieu le lundi 5 juillet entre les Ambassadeurs de l’Union Européenne et le Ministre des relations Extérieures et de la Coopération Internationale. C’est un bon début ! Nous encourageons la poursuite de ce dialogue à d’autres niveaux. Nous invitons nos partenaires de suivre l’exemple de la Banque Mondiale qui a débloqué récemment un montant de 55 millions de dollars américains pour appuyer le secteur du café au Burundi.

20) Dans le processus de mobilisation de ressources en faveur du Burundi, la Commission de consolidation de la paix devrait s’assurer que les aspects politiques ne priment pas sur le volet économique et social. Les deux aspects doivent bénéficier du même degré d’intérêt de la part de la communauté internationale afin de rompre avec la tendance actuelle centrée uniquement sur la politique et les droits de l’homme.

21) Nous nous réjouissons à cet effet du fait que lors de votre visite au Burundi, vous avez insisté sur le volet économique en rencontrant tous les acteurs clés œuvrant dans ce domaine et en tête de liste le Ministre des Finances, le Commissaire Général de l’OBR et le Directeur Général de l’Agence Burundaise de Promotion des Investissements.

22) Monsieur le Président, étant donné que la mission principale de la Commission de Consolidation de la paix est de mobiliser les ressources en faveur des pays qui sont sur son agenda afin que ces derniers ne retombent pas dans la violence, nous vous demandons de poursuivre votre plaidoyer habituel en faveur du Burundi afin de convaincre certains partenaires qui ont suspendu leur assistance de reprendre la voie du dialogue avec le Burundi en vue de la reprise de la coopération. En ce qui nous concerne, nous nous engageons à poursuivre notre trajectoire vers la consolidation de la paix, la promotion des droits de l’homme et la reconstruction de la confiance entre le Burundi et ses partenaires au développement.

23) Monsieur le Président, pour ce qui est de l’éventuelle présence d’une mission de police non armée de l’ONU au Burundi, nous avons transmis au Secrétaire général et au Conseil de sécurité notre position qui est sans équivoque. Pour nous, cette présence n’est plus opportune car la situation sécuritaire s’est beaucoup améliorée, réalité que vous avez vous-même constatée sur place au Burundi la semaine dernière. Le moment où l’idée de cette présence policière a émergé est très différent du contexte actuel politico-sécuritaire actuel. Néanmoins, s’il ya certains partenaires au sein du Conseil de Sécurité qui insistent pour avoir cette présence, nous restons ouverts pour le dialogue à ce sujet, mais uniquement dans le cadre de l’option No3 du Secrétaire Général de l’ONU. Tout forcing sans tenir compte de la position du Gouvernement sera contreproductif pour toutes les parties et vous conviendrez avec moi qu’une décision prise dans un tel contexte de confrontation n’aura pas la coopération souhaitée pour sa mise en application.

24) Il ne serait pas superflu de rappeler que l’idée d’une présence policière et/ou militaire contre la volonté du peuple burundais a été rejetée par le Sommet des chefs d’Etat de l’Union Africaine au mois de janvier dernier. Nous ignorons franchement les véritables motivations qui sont derrière la renaissance de cette idée ici à New York alors que l’on sait très bien les tentions que la question avait suscitées entre le Burundi et l’Union Africaine à l’époque des faits. Seuls les promoteurs de cette idée pourraient répondre à cette interrogation.

25) S’agissant du retour de réfugiés au pays, le Gouvernement du Burundi attache une grande importance à cette question. Nous comptons renforcer le dialogue tripartite entre le Burundi, le HCR et les pays d’accueil afin créer un environnement favorable au retour volontaire de nos compatriotes au Burundi.

26) En conclusion,Monsieur le Président, il sied de noter qu’après une période très difficile que vient de traverser le Burundi, il est relevant de noter que la situation politico-sécuritaire se normalise, l’activité économique, l’apaisement des esprits ainsi que la cohésion sociale ont repris leur cours normal, ceci grâce aux efforts qui ont été déployés par le Gouvernement. Ainsi, le Burundi sollicite auprès des partenaires le soutien en vue de renforcer et consolider les étapes déjà atteintes dans un esprit de coopération mutuellement profitable et respectueux.

Je vous remercie de votre aimable attention !

Retour
Discours: President et autres

MESSAGE TO THE NATION BY HE PIERRE NKURUNZIZA ON THE OCCASION OF THE 1ST ANNIVERSARY OF HIS INAUGURATION

Burunndi en Bref
Videotheque
Liens Utiles(autres sites)

www.burundi.gov.bi
www.presidence.gov.bi
www.vicepresidence2.gov.bi
www.senate.bi
www.assamblee.bi
www.arb.bi

© Copyright Republique du Burunndi. Tous droits reserves